Entre archéologie, histoire et légendes
Le lac de Piediluco est un lieu où l’histoire, la nature et le mythe s’entremêlent depuis des millénaires. Les fouilles archéologiques ont mis au jour d’importants témoignages datant de la fin de l’âge du Bronze, notamment un extraordinaire dépôt découvert près de l’ancien port. Dans une cavité creusée dans la roche calcaire, un grand récipient en terre cuite contenait des centaines d’objets en bronze : fibules, couteaux, faucilles, ciseaux, armes, harnachements équestres, roues de char et même des fragments d’un trépied d’origine chypriote. Ce trésor fut probablement caché durant une période de grande instabilité et ne fut jamais récupéré après l’abandon soudain de la zone au début de l’âge du Fer.
À l’époque romaine, le lac était également connu sous le nom de Septem Aquae (« Sept Eaux »), probablement en référence aux sept bras qui dessinent son profil. Le nom même de Piediluco, qui signifie « au pied du bois sacré », évoque une nature magique et mystérieuse que les Romains imaginaient peuplée de nymphes, de satyres et de divinités aquatiques.
Avec l’avènement du christianisme, les anciennes croyances se transformèrent en nouvelles légendes. La plus célèbre raconte l’histoire d’un terrible dragon caché dans les marécages dont le souffle empoisonnait les terres environnantes. Derrière ce mythe se cache probablement un fait historique : au Moyen Âge, le canal construit par les Romains pour drainer le Lacus Velinus s’était progressivement obstrué, transformant à nouveau une grande partie de la plaine de Rieti en zone marécageuse. Ce n’est qu’en 1601, avec l’ouverture de la Cava Clementina, qui permit l’assainissement de plus de 5 400 hectares de terres humides, que le « dragon » fut symboliquement vaincu.Depuis les rives du lac, on distingue deux collines à la forme triangulaire caractéristique qui semblent protéger ce miroir d’eau : les célèbres « pyramides du lac ». Au-dessus du village de Piediluco s’élève le mont Luco, la « Pyramide de la Forteresse », dominée par les vestiges de la forteresse Albornoz. Sur le versant opposé se dresse le mont Caperno, connu sous le nom de « Montagne de l’Écho », parcouru de sentiers ombragés bordés de chênes verts menant au sanctuaire de la Madonna dell’Eco, à plus de 600 mètres d’altitude. Son nom provient d’un fascinant phénomène de résonance acoustique auquel est liée l’une des légendes les plus romantiques du lac. Selon la tradition, un ancien druide aurait emprisonné entre ces montagnes les paroles d’un amour impossible, donnant naissance à l’écho qui résonne encore aujourd’hui sur ses eaux.
Nature, détente et sport
Passer une journée à Piediluco, c’est alterner entre moments de détente, activités de plein air et découverte du territoire. L’une des meilleures façons de commencer la visite est d’embarquer pour une promenade en bateau : les embarcations circulent en continu et aucune réservation n’est nécessaire. Lorsque les conditions le permettent, l’itinéraire se poursuit le long d’un tronçon de la rivière Velino, qui traverse le lac avant de rejoindre la Nera et de contribuer à la formation de la Cascade des Marmore.
Au cours de la navigation, guides locaux et pêcheurs racontent anecdotes et curiosités liées au lac : des expériences de physique menées par Galilée en 1624 jusqu’aux visites de Brigitte Bardot qui, durant les années de la Dolce Vita, venait chercher ici des moments de tranquillité loin des plateaux de tournage romains.
Ses eaux se prêtent également à de nombreuses activités telles que le kayak, le pédalo et l’aviron. Grâce à la régularité des vents et à l’absence de forts courants, le lac de Piediluco est devenu l’un des principaux centres italiens pour les compétitions d’aviron. À proximité se trouve le Centre national d’aviron, qui accueille régulièrement des compétitions internationales.
Biodiversité et gastronomie
Le lac de Piediluco est bien plus qu’un magnifique plan d’eau niché entre les montagnes ombriennes : il constitue un précieux écrin de biodiversité où les milieux aquatiques, les roselières et les bois de peupliers et de saules abritent de nombreuses espèces animales.
Parmi les habitants les plus fascinants du lac figurent les oiseaux aquatiques tels que le héron cendré, le grèbe huppé, le canard colvert, la foulque macroule et le martin-pêcheur. On y observe également plusieurs espèces de rapaces, notamment le circaète Jean-le-Blanc, le busard des roseaux et le faucon pèlerin.
Les eaux du lac abritent également diverses espèces de poissons, tant autochtones, telles que l’anguille, la tanche, le brochet et la truite fario, qu’allochtones, qui se sont adaptées à cet environnement, comme la carpe, la perche commune, la perche-soleil et la truite arc-en-ciel.
Cette richesse naturelle se reflète aussi dans la tradition gastronomique locale. Dans les restaurants qui bordent les rives du lac, il est possible de déguster des spécialités régionales telles que les écrevisses à la sauce verte ainsi que des plats à base de poissons de lac, parmi lesquels les célèbres carbonaretti.